C'était encore assez tôt au château de Hogwarts et la belle horloge de verre au fond du Great Hall marquait huit heures. Quelques étudiants commençaient à s'approcher, curieux, pour jeter un coup d'½il aux préparatifs du bal. A cette occasion, le Great Hall avait été modifié : On avait enlevé les grandes tables rectangulaires et les longs bancs pour les remplacer par de petites tables rondes recouvertes de charmants napperons de dentelle blanche ou rose accompagnés de petit fauteuils rembourrés style Louis dix-huit.
Un orchestre de sorciers mélomanes commençaient à accorder leurs instruments et s'agitaient sur leur chaise.
Le Professeur Mc Gonagall vint à passer devant quelques paires d' yeux surpris et on l'entendit dire à un elfe de maison grisonnant au regard contrit « Je vous l'ai déjà dit, Jean - poire, les gâteaux à le crème doivent se trouver ici... » Suite à quoi, elle toussota avec satisfaction et s'éloigna.
Bientôt, ce fut huit heures trente et la foule commença peu à peu à se déverser dans le Great Hall. Elégants, les garçons de Hogwarts portaient des costumes trois pièces noirs agrémentés de n½uds papillons. Quand aux ladies, elles étaient parées de toutes sortes de robes originales aux couleurs chatoyantes : des bleus aériens, des rouges sensuels, des jaunes dorés, des verts brillants, des oranges chaleureux ou des roses crémeux et coquins.
Harry et Ron arrivèrent ensemble, suivis de leurs partenaires de bal, Padma et Parvati Patil, les deux jeunes indoues, qui évoquaient leurs parures, coiffures et maquillage.
Ils regardèrent d'abord autour d'eux, parmi la foule des étudiants.
Harry appréciait la vue de toutes ces belles filles richement habillées mais il crevait d'envie de fumer une cigarette-à-la-crème parce que tout ce nouveau bordel le rendait nerveux. De plus, il savait qu'il était sensé ouvrir le bal avec sa partenaire de danse Parvati Patil et franchement, il ne se le sentait que peu.
Ron recherchait Hermione du regard. Où pouvait-elle se trouver à cette heure?
On vit Draco Malfoy, l'air méprisant au possible, descendre les grands escaliers de marbre, avec à son bras l'insupportable Pansy Parkinson, sa partenaire de jeu, pinçant la bouche aussi élégamment qu'il le lui était permis. Cela faisait un beau tableau. Si on était bourré, bien sur.
Draco maintenait son air supérieur avec brio. Pourtant, quand il vint à passer devant Harry, Pansy Parkinson toujours accrochée à son bras comme une sangsue, il ne pu s'empêcher de baisser les yeux et de détourner le regard...car il était irrésistiblement attiré par les yeux perçants de Harry et leur look naturellement sexy. Comme d'habitude pourtant, Harry ne remarqua malheureusement rien, et certains diront que c'est à déplorer.
Comme la musique commençait à se faire entendre en un son discret et mélodieux, d'autres étudiants-sorciers continuaient d'arriver.
« Putain... Je crève d'envie d'une clope-à-la-crème » gémit Harry à l'adresse de Ron en se mordant les ongles.
Mais ce dernier ne répondit pas.
Il était occupé à fixer le haut du grand escalier, d'ou descendait un couple d'une élégance rare. Harry dirigea son regard vers le lieu-dit et immédiatement reconnu Hermione.
C'était bien elle, il ne pouvait confondre son regard expressif avec nul autre.
Ce qui était pourtant surprenant et ne le laissait pas de marbre, c'est qu'elle avait arrangé ses cheveux d'une manière vraiment agréable, en un superbe chignon châtain et qu'elle portait une robe d'un éclatant bleu diamant.
De plus, elle souriait gracieusement et semblait parfaitement heureuse. Cela ravissait l'âme et faisait chaud au c½ur. Harry soupira d'aise...
Guidant fièrement le bras d'Hermione, Le champion de l'école de Durmstrang, Victor Krum, avançait avec grandeur et détermination.
Finalement, après cette intense satisfaction, Harry ne pu s'empêcher d'avoir un petit sifflement à l'attention de Ron « Whaou.. ! Elle tabasse la petite pas vrai ? » Mais à nouveau il n'obtint pas de réponse. Harry s'inquiéta alors de son pote : « Eho, man, ça va ou quoi ? T'as l'air pâle franchement... »
Ron avait le regard fixe. Harry supposa qu'il s'était peut-être rendu malade à la suite de son démentiel appétit, de par l'ingestion du potage de homard qu'on leur avait servi avant la soirée.
Victor Krum, le champion de Quidditch, arborait une longue cape de brocard rouge. Le front haut et fier, il tenait le bras d'Hermione au plus près de lui et lançait à l'entour des regards involontairement abrasifs qui pâmaient les demoiselles. On vit même une dénommée Florita Catastrofe s'évanouir d'émotion. Bien sur, cela permit à Pansy Parkinson de glousser de mépris à l'encontre de la malheureuse, toujours inconsciente.
Draco leva son regard vers le couple envié et trouva qu'en effet, Vicktor Krum était vraiment sexy et très élégant. Quand à Granger, pour ce qu'il était concerné, elle était bien moche comme d'habitude. Il n'y avait rien de plus à en dire. Finalement, son regard se perdit de nouveau sur Harry, qui bien sûr n'y prêta aucune attention. Quelle injustice !
Tout en faisant cliqueter ses souliers de vair sur le marbre glacé des grandes marches blanches, Hermione regardait Vicktor. Il avait un air sombre, viril et sexy.
Elle était très heureuse de l'avoir accompagné au bal et elle se sentait très attirée par lui. Elle se rappela quand il l'avait embrassé derrière l'armature de l'escalier avant leur grande descente solennelle. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir excitée par sa présence charismatique.
Elle balaya du regard la foule des étudiants afin de trouver Ron et finit par l'apercevoir. Elle capta son regard et lui adressa un discret regard incisif de provocation tandis qu'elle serrait d'une manière encore plus évidente le bras de Vicktor près d'elle.